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Une revue bientôt centenaire face aux défis du changement. La revue Hespéris a été fondée en une année seulement après la création de l'Institut des. 18 avr. Mise En Ligne De Toute La Collection De Hespéris-Tamuda, () Thèses soutenues et Inscrites · Documents à Télécharger. La revue Hespéris - Tamuda est consacrée à l'étude du Maroc, de sa société, de son histoire, celles de leurs auteurs et n'engagent en rien Hespéris-Tamuda.

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Hakim Marrakchi s'exprime sur…. En en effet, l'a. Une réforme méconnue du Sultan Mohamed b. Tramway Casablanca: Bien au contraire, ils veulent que ces derniers soient payés au moment même où ils portent plainte". May, A travers la pratique du pilfage se révèlent les stratégies mises en oeuvre par les différents acteurs sociaux dans leur vécu politique, social, économique, et sympolique.

22 nov. Hesperis - Hespéris: Archives berbères et bulletin de l'Institut des Hautes Etudes Marocaines. 31 déc. Accueil» Archives - Press» Revues» Revue Hespéris Tamuda (pdf). Revue Hespéris Tamuda (pdf). Hesperis_Tamuda. Télécharger. Nous sommes très heureux de signaler la mise en ligne de la grande revue de l' histoire du Maroc Hespéris-Tamuda (). La revue est en.

Voilà un fait qui révèle, paradoxalement, le prestige de la marginalité. Dans le discours de l'historiographie, les actes qui caractérisent ces marginaux, à savoir le vol, les razzias et le pillage ne se limitent pas à eux.

Il y aurait une distinction à faire dans ce discours entre le pillage et ceux qui le pratiquent. L'acte de piller n'est accepté ou banni par l'historien que dans son rapport avec l'identité de celui qui le commet.

Dans toute confrontation, il y a présence du pillage. La moindre confrontation entre tribus, ou entre tribus et Makhzen fait déclencher le pillage de chaque côté. Par conséquent, le pillage n'est donc jamais condamné en soi, ou considéré comme étant un acte répréhensible en soi.

Tout dépend de celui qui le pratique, de quel côté il émane, et de celui qui le juge. Tout se passe comme si le pillage est permis pour. A différents paliers de la société, que ce soit au niveau tribal ou au niveau du Makhzen, le pillage est condamné ou permis au nom de la raison du pouvoir. C'est cette raison qui guide le discours de l'historien et lui octroie l'autorité de juger les parties impliquées dans le pillage.

Le pillage de la harka du Makhzen est jugé comme étant un acte noble et héroïque. Emanant du pouvoir légitime, le pillage que pratiquent les 4arka makhzéniennes dans les tribus est légitime au yeux de l'historien. Son discours nous apprend donc un fait banal mais tenace: C'est au nom de cette raison de pouvoir qu'ibn Zaydan juge et condamne le pillage des tribus. Il laisse parfois le faqih qui l'habite se prononcer SUr le pillage.

Son discours se substitue parfois à celui de la jurisprudence. Il adopte le style d'argumentation des fuqaha, évoque la chaîne de leurs dires et précise leur position vis-à-vis de ces fauteurs et coupeurs de route l4.

A travers cet étalage d'opinions se dégage une ambiguïté qui nuance entre une attitude de condamnation absolue, dictée par les opinions des fuqaha; et une autre dictée par la politique de l'etat siyàsa.

Celle-ci exige parfois du gouverneur de se rallier aux fauteurs pour les fins de "la bonne politique" 40sn as-siyasa. Ibn Zaydan nous lance la raison de cette alliance: Le vocabulaire utilisé dans les textes qui décrivent les actes de pillage est prolifique lorsqu'il s'agit de nommer les bandits. Sa richesse inépuisable n'est qu'une vengance. On les retrouve parfois lorsque le document relate et rapporte des actes de vol commis par des bandes inconnues contre des marchands.

La quasi absence du terme usuel de voleur est remplacée par un répertoire plus riche de notions dont les contenus signifient quelque chose qui est plus que voler. L'historiographe excelle dans le choix des termes pour qualifier ces fauteurs, mettre en évidence leur nature mécréante 14 Ibn Zaydân A.

En fait, ce discours désigne les marginaux du système. Mais ces marginaux ne sont pas "fauteurs" que dans leur rapport avec le pouvoir central. Pour l'historiographe, les mécréants fussad s'expriment toujours par le pillage. L'ordre politique et social que nous révèle l'historiographie obéit à une logique simple et manichéenne: Cette logique ne fait qu'exprimer celle du Makhzen. Dans une lettre datée du 9 dhi alqicda adressée au caïd Mbârek CheU;t concernant le désobéissance d'un douar des Zemmour; Moulay Hassan écrit " Attaque uniquement le mauvais, mais si tu n'arrives pas à distinguer le bon du mauvais ou bien si tu doutes qu'une telle distinction est impossible, attaque "16 les tous Les pilleurs sont donc punis par le pillage lui-même.

Mais dans un cas, l'acte émane du mauvais, dans un autre il émane du bon. Le rapport entre le bon et le mauvais est un rapport dialectique.

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Tout se passe dans le discours de l'historien comme si les marginaux sont là pour la légitimité de l'équilibre du système. Ils sont là pour la légitimité du modèle.

Quelle fonction et quel rôle joue le pillage dans la société de l'époque? Une tentative de réponse à cette question nous impose de débarrasser le discours du document historique sur le pillage de sa morale, afin d'en extraire une matière historique. En effet, soumis à un effort d'exergue, le document historique nous livre beaucoup de données sur le phénomène.

Celui-ci n'a pas échappé aux ethnoloques coloniaux, qui, dans leurs descriptions des institutions tribales, ont relevé le fait, et ont rapporté beaucoup de détails. A travers la pratique du pilfage se révèlent les stratégies mises en oeuvre par les différents acteurs sociaux dans leur vécu politique, social, économique, et sympolique.

Des données ethnographiques, se dégagent les fonctions et les stratégies multiples du pillage dans la société; un fait qui nous pousse à dire à propos du pillage ce que M. Mauss a dit à propos du don: En effet, dans le pillage on retrouve une dimension politique, dans la mesure où il est stratégie et stratège dans les conflits intertribaux et dans les conflits qui opposent les tribus au Makhzen; une dimension économique dans la mesure où il permet la circulation des biens; et une dimension symbolique dans la mesure où il est le terrain du gain, ou de la perte, du prestige et de l'honneur.

A un niveau tribal, le pillage intervient comme expression de conflits intertribaux. Il n'y a pas de conflits sans attaques et vols de bétail, des silos et même parfois des femmes. Il exprime et accompagne les relations conflictuelles du rapport segmentaire. Une tribu ne pourrait infliger une correction à son ennemi une autre tribu qu'en termes de vol et de pillage. D'un autre côté, le pillage vise aussi un ennemi éventuel. Et c'est dans ce sens que se forment les bandes de rôdeurs dans les tribus pour dépouiller les passants ou attaquer les caravanes de commerçants se rendant au souq La 17 Sur "les rôdeurs et les djouchs', voir, S.

La montagne berbère. Les Au OUmalou et le pays Zaian. Renseignements Coloniaux, p. Pour S. Guennoun, ces. Dans ce contexte le pillage et le banditisme sont-t-ils une expression du marginalisme?

Hobsbawm a bien lié le banditisme à la marginalité. Selon son analyse, c'est le manque d'intégration de certaines catégories sociales dans la société rurale qui donne naissance au banditisme. Or la notion de margilalité doit être relativisée dans le contexte de la société marocaine.

On pourrait se demander par rapport à quelle type d'entité est déterminée la marginalité? La société marocaine précoloniale présente différents types d'entités qui, soit se dressent les unes contre les autres, soit s'emboîtent les unes dans les autres; une telle caractréristique a été théorisée par les anthropologues comme étant un modèle segmentaire. Chaque segment a un centre et une marge. Où opère donc le banditisme? Dans le cas de la société rurale précoloniale, le banditisme émane non pas des marges du système tribal mais de son centre.

Il est mené par ceux qui se trouvent au haut de la hiérarchie sociale et par ceux qui aspirent à le devenir: L'organisation tribale segmentaire offre un champ libre pour l'apparition d'un banditisme d'élite. Il ne rassemble pas les catégories sociales marginales, tels que les paysans sans terre, les soldats déserteurs, les bergers sans troupeaux, les roturiers et les parias du système social comme le souligne Hobsbawm, mais surtout les "grands hommes" de l'organisation tribale.

Mais ce banditisme tribal se situe dans une sphère marginale faisant ellemême partie d'un système globale. C'est dans le rapport au pouvoir central que la marginalité du banditisme tribal constitue le seul et unique moyen entre les mains de "l'aristrocratie" tribale pour revendiquer une participation au pouvoir bandes de rôdeurs constituaient une menace pour l'administration coloniale durant l'intervention française.

En effet, le banditisme a été orienté contre l'administration française. Pour le cas de l'algérie, voir Jean Déjeux, "Le bandit d'honneur en Algérie: Le banditisme devient par là un moyen de réaliser l'ascension sociale d'accéder au caïdat et de garantir la reconnaissance du Makhzen. Instigateur de la rébellion politique, le "bandit" n'enlève pas aux riches pour donner aux pauvres, mais dépouille l'ennemi pour s'enrichir lui-même et s'agite pour revendiquer sa part de pouvoir monopolisé par le Makhzen.

Le banditisme n'est nullement donc la résultante d'une forte oppression sociale comme le souligne Hobsbawm, mais un moyen pour négocier avec les autres autres tribus ou Makhzen sa part du pouvoir. A travers le banditisme et le pillage une certaine réorganisation des rapports de forces et un partage du pouvoir s'opèrent.

Si le pillage et le vol sont liés à la structure segmentaire tribale, ils obéissent aux lois de cette structure. Le principe segmentaire comporte un équilibre qui empêche l'éclatement du système, dans la mesure où tout conflit à un niveau entraîne une alliance à un autre. De même, le vol et le pillage entraînent l'existence d'un certain nombre d'institutions qui atténuent leurs effets.

Pour éviter d'être attaqués par les voleurs, les commerçants se font escorter pour sa rendre aux souq s par un zehàt. Les commerçants de Meknès, de Rabat et de Salé qui fréquentent les souq s de la région des Zemmour "s'y rendaient sous la garantie du mazriig qu'ils devaient acheter de tribu en tribu,, Le mezrag n'est autre que la protection suprême qui émane du pouvoir d'un individu sur un terroir et sur ses gens.

Demander le mezrâg à quelqu'un, c'est demander sa protection. Le pouvoir de la protection pour le protecteur mül al-mezrag , découle de son poids économique, social et politique au sein de sa tribu, et de sa souveraineté en tant que chef influent et incontesté Sur un terroir.

La protection est parfois offerte mais souvent vendue aux étrangers. En monnayant sa protection, l'escorte zenat accompagne les marchands ou ceux qui désirent traverser le terroir de la tribu. Tout visiteur ou marchand étranger qui traverse le terroir d'une tribu sans zettat se voit payer le prix d'avoir contourné la loi locale, à savoir celle d'engager 19 Voir A. Laraoui, Les origines sociales et culturelles du nationalisme Marocain, Maspéro, 19n.

Les correspondances entre le Sultan Moulay Hassan et les Caïds des Zemmour nous rapportent l'histoire de ce commerçant anglais qui a engagé un certain Bou cbid Ben Müsa es-salâwi pour l'achat de bétail dans les souq-s des Zemmour. Celui-ci fut volé et dépouillé par ces derniers parce qu'il n'était pas escorté et protégé 21 En exigeant des étrangers de se faire escorter zenata , la tribu leur rappelle sa souveraineté sur un certain terroir.

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L'information sur les vols, appelée bshara, permettait la récupération des biens volés. Ayant l'avantage de connaître le voleur et l'endroit où sont cachés les biens volés, l'informateur beshar vend son service aux victimes. En général, chaque tribu avait son beshar, que l'on nomme par métaphore en berbère 'la lumière de la tribu' asid nqbilt.

Sa fonction consiste à révéler l'identité des voleurs et des receleurs, en échange d'une rémunération dont la valeur dépend de la nature des biens volés 22 La beshara n'est payée qu'après restitution de la chose volée Il arrive que le beshàr devienne un receleur Kammàn. La bshara est une institution, comme le dit l'informateur de Mouliéras, grâce à laquelle "les volés ne sont qu'à demi lésés,, Elle permet au volé de récupérer une part im!

Ce faisant, il accepte les régles du jeu du vol. La bshara atténue donc le bouleversement de l'ordre provoqué par le pillage et le vol, et équilibre par conséquent la répartition des richesses. Elle établit une sacralité dans les rapports entre alliés et impose une fraternité où il n'y pas de place pour le pillage entre les deux parties. Entre les alliés, le vol est banni et interdit.

Le droit coutumier Zemmour, Librairie Larose, , p 23 C. Querleux op. La bshâra fonctionne comme un mécanisme qui atténue la perte total des biens, elle permet d'en récupérer une partie et en régule la circulation. EUe exclue certains groupes du champ du pillage. A travers ces différentes institutions, le piliage apparaît moins comme un facteur de désordre et de déséquilibre absolus, que comme une stratégie mise en pratique par chaque tribu pour s'accaparer une partie des biens et mesurer sa force dans les conflits intcrtribaux.

Lorsque le pillage nahb des tribus touche les convois et les représentants du Makhzen, il est aussi une forme de contestation, non pas contre l'autorité mais contre les conséquences qu'entraîne l'allégeance à cette autorité, telies que payer les taxes obligatoires al-wàjib , les amendes dhcira.

L'historiographie et les correspondances du Makhzen nous rapportent que le piliage de la demeure des "umana" et des cummal est un phénomène courant dans l'histoire du Maroc. CAJursimauit Cne, "T!

Le paradoxe du Caïd, c'est qu'il pourrait être du côté de la "racaille" et des "bons" à la fois. Ceci s'explique par le fait qu'il n'y pas une morale qui sanctionne le vol ou le pillage en soi, mais il y une morale qui les condamne lorsqu'ils sont commis par les autres. Bien que le Caïd soit un élement principal du banditisme, le pillage des autres lui donne toujours l'occasion, pour rehausser son statut auprès du Makhzen, d'étendre son pouvoir, d'innocenter ses amis ou de se venger de ses ennemis.

Pour consolider sa position auprès du Makhzen le Caïd joue son rôle d'informateur. Les actes des coupeurs de routes et des brigands sont parfois rapportés au Sultan. Les correspondances makhzéniennes nous montrent que le Caïd sollicite toujours l'arbitrage du Makhzen en cas de pillage pour légitimer par la même occasion toute éventuelle repré: Cette lettre l'exprime: Iammü qui avait de bons rapports avec les chorfas les innocente et accuse la tribu Bul.

Cette lettre du Sultan le révèle: Le Caïd sollicite aussi l'intervention du Makhzen pour se venger de ses VOlsms. Beaucoup de lettres le montrent, telle que celle que le Sultan adressa en rajab à un Caïd des Garwân: Mais cet arbitrage consiste à orchestrer les alliances en créant d'autres espaces de conflits et en permettant à certains de pratiquer d'autres pillages et à gagner un peu plus de pouvoir.

L'article de Biarnay sur les voleurs et receleurs de la région de Ouargha nous rapporte l'existence de deux types de vols. En effet, les deux types n'ont pas le même statut. Le premier n'attire pas beaucoup de prestige pour celui qui le pratique. Voler par la ruse, c'est se soustraire au principe qui consiste à étaler le courage et à prendre le risque.

Archives Berbères, vou, fase. Ses règles voudraient qu'on ne pille pas les biens des femmes, des veuves, des pauvres et des petites "tentes".

Il y a une dignité à préserver dans l'action de voler, qui ne saurait être honorable que si elle oppose deux parties d'égale importante On vole et on pille certes pour acquérir des biens, mais aussi pour le prestige et pour l'honneur. C'est cette rationalité de l'honneur qui empêche les pillards de voler les faibles et les démunis. Piller une "grande tente", une riche caravane ou la meqalla du Sultan est toujours un acte glorieux qui permet aux pillards de mesurer leur force et de l'admirer.

Il y aurait peut-être un aspect narcissique dans l'action de voler. Le vol à main armée et à cheval est une pratique prestigieuse, chez les Berbères, comme l'écrit S. Guennoun; il consiste en "une forme des plus honorables de la guerre. Il procure à son auteur un certain prestige et quelque considération,, Un fait qui a été aussi constaté et noté par le Cne Querleux, à propos des tribus Zemmour, qui écrit que "le vol et le brigandage étaient presque considérés comme des actes honorables et donnaient même une grande considération à leur auteur, l'essentiel était de ne pas se faire prendre,, La tradition orale, à son tour, évoque avec nostalgie les raids de ces hommes nobles et courageux qui n'hésitaient pas à se lancer dans l'aventure des razzias, ces hommes dignes de porter le nom de fl: Ceci ne suggérerait-il pas que dans un champ de bataille un homme Chal est capable de piller tous les biens nobles y compris les femmes?

Que vole-t-on dans cette société? On vole les choses qui mettent en valeur les hommes et leurs groupes. On vole des biens qui sont à la fois objet de négoce et d'honneur: Les biens assurant le prestige sont aussi objets de pillage. Dans la société marocaine, les biens ne circulent pas uniquement par le négoce mais aussi par le don et le vol ou le pillage.

Antipode du don, le vol 36 Bourdieu P. Esquisse d'une théorie de la pratique, précédée de trois études Kabyles. Droz, Genève et Paris 37 Voir S. Guennoun, op. Querleux, op. Le pillage est donc un moyen qui permet la circulation du capital matériel et du capital-honneur. Un gain dans un côté entraîne une perte dans l'autre. Pour un homme, se faire voler, c'est se voir dépouillé et surtout se voir humilié. Rationalité économique et rationalité de l'honneur vont de pair.

Telle tribu attaque une autre, certes pour la piller, acquérir ses biens, s'enrichir et démunir l'adversaire, mais elle l'attaque aussi pour capitaliser le prestige, pour préserver son image et son honneur. Le pillage n'est pas uniquement une stratégie de combat dans un champ de bataille, mais aussi une compétition qui obéit à la logique de l'honneur. Lorsqu'on dépouille la victime, on lui inflige par la même occasion la honte et l'humiliation.

Université Mohammed V HESPÉRIS TAMUDA. VOL. XXIX - Fascicule 2 - PDF

C'est cette humiliation madhalla , souvent évoquée par les historiens, que craignent les représentants du Makhzen et la mehalla Sultanienne, lorsq'ils affrontent les tribus.. En jetant leur honneur dans la balance, les deux côtés avancent sur le terrain de la confrontation avec une détermination impitoyable. Le vainqueur pousse l'humiliation de l'autre à son extrême. Dans le discours de l'historien, bien que les actes des deux camps aient la même violence, ils n'ont pas la même signification.

Ce discours qui n'est en fait que celui du pouvoir, s'arroge le droit d'octroyer des attributs qui distinguent l'acte bon sali! La légitimité est du côté du Makhzen. Le pillage auquel il soumet les tribus lors des! La violence des actes est atténuée par le ton de l'historiographe; il la présente comme n'étant pas une violence déchaînée puisqu'elle s'arrête toujours par l'acte magnanime du pardon du Sultan.

Là encore, le répertoire linguistique pour désigner ce pardon est riche. L'anthropologie de l'honneur. La mésaventure de Sichem. Tout se passe comme si la finalité de la violence est de prouver la supériorité de la force, d'humilier l'autre et de lui "infliger" le pardon, signe suprême de sa défaite.

Cette logique répond à l'adage populaire qui dit: Le pardon restaure l'honneur du Makhzen. Par la suite, le Sultan écrit aux cummal et à certains Caïds pour leur annoncer la victoire et pour qu'ils en tirent la leçon. En réalité, la douceur du pardon n'est que la fin d'un processus, dont les étapes sont impitoyables. Le Makhzen aspire à voir les tribus insoumises, humiliées mutadhalilïn à l'extrême.

L'acte de leur infliger la honte est poussé à ses limites extrêmes. Lors des I:! Et l'honneur devient cette capacité de réduire au silence l'adversaire. On coupe quelques têtes, on les envoie aux villes pour qu'elles les accrochent au haut de leurs murailles. En coupant la tête, on ne donne pas uniquement la mort mais on déshonore la victime et son parti.

La nouvelle de la défaite ne se répand pas par une quelconque rumeur, mais on la visualise sur les murailles de la ville, pour que la mort des uns serve de leçon aux vivants. Les tribus, de leur côté, ne sont pas moins impitoyables. Lorsque la victoire est de leur côté les représentants du Makhzen ne sont pas uniquement pillés, volés et démunis de leurs biens mais aussi dépouillés de leur vêtements.

C'est la pire des humiliations pour un représentant du Makhzen de se voir, selon l'expression d'ibn Zaydân "nu, comme au jour où sa mère l'a mis au monde.. Dénuder la victime et lui ôter la parure qui la protège, c'est l'exposer à la pitié des passants et à l'humiliation absolue devant l'ennemi et devant les siens.

De retour à la cour, dépourvu de ses habits, il se vit encore plus humilié devant le Sultan. Celui-ci le couvrit, mais lui en voulut d'avoir été "celui par qui la honte est 40 Ibn Zaydàn, Itl]af, vol 2, p. Cette stratégie a plusieurs dimensions: Jl Jllll l. Il a pour thème principal le vol et le pillage. LJl if ë. Jjyi o.. L; Lr: A ;,; JI JL Jyàl 0;.! IL al; i. Ll1 if 0;. Jyj 41,. H ifj.: J J;;1 0p. I I";'l: S d64 r-i. J -rl:. LJ1 if Oj.. J 17r-.

I d,-? LJ1,jJ' ë. AJI ': J13üS 0l.. J i? Î Y'J JJ.. Cette perception se fondait en particulier sur les phases effectivement chaotiques que traversait le pays et sur les incidents qui mettaient aux prises le Makhzen et les puissances représentées à Tanger; celles-ci résolvant à leur avantage, par des menaces de recours à la force et des "démonstrations navales" les "contentieux" liés au "banditisme".

L'extension à des Marocains d'immunités capitulaires -initialement réservées aux seuls Euro! Mais, plus que la cupidité de ces agents, les facteurs les plus décisifs dans la déliquescence progressive du Makhzen dans la seconde moitié du XIXe furent les coups de boutoir multiples que les puissances lui assénaient, ses "reculades" devant leurs menaces, les ruptures et les bouleversements provoqués dans l'économie et la société traditionnelle par l'extension de la pénétration commerciale étrangère, et des "réformes" dont le résultat le plus net fut l'alourdissement du fardeau fiscal au détriment de la masse des petits fellahs.

Tout aussi déterminante à cet égard fut la succession de cycles dévastateurs de sécheresse et d'épidémies , , , , 1 P. Martin, La protection au Maroc, Archives Marocaines, vol. XV, , pp. Hay, dont Un des soucis majeurs était la préservation du statu quo sur la rive africaine du Détroit de Gibraltar, fit du reste part à son gouvernement dès le début des an,nées soixante de ses appréhensions face au chaos vers lequel l'octroi abusif de pnvilèges capitulaires à des autochtones semblait conduire le pays: L'extension du brigandage fut l'une des composantes de cet "état d'anarchie" que Hay disait redouter -même si sa propre légation n'était pas la dernière à y concourir-.

Replacée dans le contexte général de la mise en dépendance du pays et des mutations qu'elle générait, rapprochée des événements survenus au cours des phases pendant lesquelles elle se manifesta avec le plus de force, et re-située dans les aires géographiques qui en furent le plus affectées, elle apparaît à bien des égards non seulement comme l'un des avatars du bouleversement des structures, des "institutions" et des codes traditionnels mais aussi comme l'une des formes du "refus" et de résistance de Populations rurales à l'instauration d'un ordre nouveau.

Les "émois" auxquels donna lieu en à Tétouan l'affaire dite Aïssa Riffi furent l'une des manifestations les plus fracassantes de ce "désordre" où, SUr fond de misère et de quête de moyens de subsistance, la volonté de défier 2 E. Fumey, Choix de correspondances marocaines, Paris, , planche XXX, lettre du Sultan relative aux risques de recrudescence du brigandage par suite de l'absence de pluie et du "désoeuvrement des campagnards".

Hay au Foreign Office. Les consuls d'anglete"e et d'espagne nous demandent de distribuer des secours car ils craignent que les gens affamés ne pillent les Chrétiens. Ils disent qu'à Gibraltar, où sontparvenues des nouvelles, sur l'extrême misère des Musulmans et la famine, des collectes de dons sont organisées. Devant le refus des oumanas de distribuer des secours , ils ont ajouté que des miséreux ont volé et dévoré des bestiaux et des denrées alimentaires appartenant à des Chrétiens, des Juifs et d'autres protégés mais qu'ils se sont abstenus de présenter des réclamations.

Toutefois, si pareils faits se renouvelaient, ils tiendraient le Makhzen pour seul responsable et exigeraient qu'il indemnise les 4b' pertes sur ses propres fonds". Daoud, Tarikh Titwane, Tétouan, , vol. Nous avons déjà signalé Ils ont aussi tué un Musulman Les représentants ont peur pour leurs ressonissants Le délai fixé par l'ultimatum du ministre d'espagne expire dans trente jours Que notre Seigneur veuille bien secourir cette cité par la désignation d'un gouverneur capable de rétablir l'ordre".

Schmidel, compliquaient la situation. Elles conféraient à ses différends avec des campagnards qu'il présentait comme ses "associés agricoles" un cachet interethnique fortement prononcé. Recruté initialement par le baron James de Rothschild pour soigner la population du mellah, mais promu par la suite agent consulaire d'autriche, il abusa en effet de cette qualité pour faire fortune.

Il "traitait" en particulier avec des fellahs des Beni Hazmar. Or ce fut précisément parmi des gens de cette tribu que caïssa Riffi trouva de l'aide. Divers éléments allèrent ainsi en ville se renseigner pour son compte. Exaspéré, celui-ci fiuit d'ailleurs par imputer l'entière resfonsabilité de l'affaire à SchmideI, "toute cette calamité, lui dit-il, est ton oeuvre".

Des Juifs auraient "commandité" l'assassinat de son frère, jardinier lui aussi, pour mettre fin à sa liaison avec l'une de leurs belles qui s'était éprise de lui. Saches que notre priorité est la capture d'aïssa Mais toi tu parles trop et gâches tous nos plans Tu ne nous laisses pas agir à notre COnvenance Quant aux Beni Hazmar qui, d'après toi, t'assaillent, tu les connais mieux que quiconque et tu es leur partenaire "mokhalet" Ils viennent donc chez toi comme ils en ont l'habitude; ce n'est pas moi qui les envoie te voir".

Corn ' La situation devint intenable pour ces derniers. Au fait de cet état d'esprit et de la popularité du personnage, même le chef de la zaouïa Raysuniya refusa de jouer les médiateurs et se contenta de donner des réponses évasives à tous ceux qui lui demandaient de dissuader les Beni Hazmar et autres tribus environnantes de protéger le "malfaiteur" et sa bande.

L'ont-ils fait exécuté ou empoisonné pour laver le déshonneur? Des Tétouanais le croient et il est loisible que les choses se fussent réellement passées ainsi, surtout que les filles de ces gens se distinguaient par une exceptionnelle beauté". Elle revint avec la tête d'aïssa coupée et ses compagnons enchaînés. Les gens utilisèrent la terre de son tombeau pour soigner la fièvre, et c'est ce qu'il ya de plus étrange à entendre"; commentaire de Daoud: L'inflation continuc du nombre des bénéficiaires autochtones des patcntes de censal ou de mokhalet - appartenant généralement aux couches les plus aisées des populations citadines et rurales- qui s'ensuivit fut l'une des principales causes d'aggravation de l'injustice fiscale, de la paupérisation et de la multiplication dcs révoltes.

A la longue, le système des "protections" grâce auxquclles les puissances déclaraient vouloir garantir les partenaires de leurs ressortissants contre "l'arbitrairc" finit même par se muer en instrument notoire d'extorsion.

La compétition que les chefs de postes se livraient pour élargir leur clientèle" autochtonc, la vénaüté de certains d'entre eux et de consuls, l'étendue du. Il n'en demeure pas moins cependant que bon nombre d'entre eux gonflaient à l'excès leurs pertes et spéculaient sur la disponibilité de leurs protecteurs à en faire endosser la responsabilité au Makhzen.

Leurs réclamations portaient souvent sur le vol de fonds qu'ils déclaraient avoir reçu de leurs commanditaires ou encaissé auprès de débiteurs s'étant fait livrer à crédit du sucre, du thé, des cotonnades et d'autres articles d'importation.

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Dans certains cas, il était fait état aussi de la perte de créances, de traites et de titres de propriété. Les légations exigeaient généralement que les indemnités réclamées fussent versées par le Sultan lui-même, à charge pour lui de "récupérer" les sommes déboursées sur les coupables qui lui étaient désignés.

Cette formule présentait pour elles un double avantage: D'autant que les "victimes" ne donnaient généralement que des indications très vagues sur leurs agresseurs, tardaient à présenter des preuves, et refusaient de comparaître lorsque l'incident faisant l'objet de leur plainte était porté devant un cadi. Hay, "Les retards que subissent les réclamations tiennent essentiellement aux travestissements de la vérité par ceux qui les présentent, ajoutent et retranchent des faits à leur fantaisie Si de telles manipulations n'existaient pas, les réclamations seraient réglées sur l'heure Mais tel n'est pas le cas car les consuls refusent de faire comparaître, munis de preuves irréfutables et vérifiées, ceux qui prétendent avoir été pillés Bien au contraire, ils veulent que ces derniers soient payés au moment même où ils portent plainte".

Certains d'entre euxgrossissent leurs pertes lorsqu'elles sont réelles dans des proportions considérables alors qu'en réalité ils ne possèdent même pas le dixième de ce qu'ils déclarent avoirperdu. Pour conférer quelque vraisemblance à leurs allégations, ils ne voyagent sciemment que tard dans la journée ou même de nuit et évitent les itinéraires fréquentés pour n'emprunter que de petits chemins; tout cela dans l'espoir de quelque incident qui pu 1.

Il fut à ce titre l'une des cibles de l'auteur de 'La France Juive" Paris, éd. Flammarion, s. GA-, F. L'incapacité du Makhzen à défendre ses droits et à maintenir ses sujets sous son autorité devint encore plus flagrante au lendemain de la tenue de la Conférence internationale de Madrid S'y rendre équivaudrait à exposer sa vie et ses biens.

D'ailleurs si les traités garantissent la liberté de circulation à travers tout l'empire, il est évident qu'il faut tenir compte des données du moment ". Au cours de l'été , une grande opération de "ratissag;e" fut ainsi menée sur le territoire des A yt Youssi. L'action la plus "spectaculaiire" fut menée contre un village fortifié, 'Almis, dont les habitants "pillaient et rançonnaient les caravanes" perturbant ainsi les échanges avec les oasis du Tafilalet.

Un artificier français se chargea du "dynamitage de ce repaire de brigands"; "toutes les populations environnantes, rapporte De La Martinière, furent terrifiées" par la déflagration et "ne comprenant pas le fonctionnement de I.

Ceux-ci mettaient à leur disposition une escorte de soldats et consentaient aussi à leur fournir des traites payables à destination en contrepartie des sommes en espèces qu'ils désiraient transporter. Il en résulte que celui à qui l'on a volé en réclame ".

La formule retenue par le Sultan était au demeurant en tant que telle d'autant plus difficilement applicable que la vénalité sévissant au sein du corps des adouls, la médiocrité des frais que ces scribes percevaient sur l'enregistrement des actes, le "manque de vigilance" et les compromissions des cadis eux-mêmes rendaient aisées toutes sortes d'irrégularités.

Les plus flagrantes portaient d'ailleurs sulr les contrats d'''associations agricoles": Et ce, à la fois parce que leur fortune "dénotait" dans un environnement marqué par la pénurie mais aus,si parce que leur exemption fiscale signifiait un alourdissement des charges pesant sur leurs voisins: Orde de révocation des éléments contre lesquels des preuves de fraudes seraient rassemblées.

Or la situation d'associé agricole. De telle sorte que ceux qui possèdent ct ne veulent. Le Makhzen procédait à la "réparation" de ces dégâts et au versement d'indemnités pour les violencc!

La facilité avec laquelle il finissait par s'exécuter, même lorsqu'il faisait traîner les choses en longueur, était telle que les mokhalets, leurs partenaires réels ou supposés protégés ou naturalisés et les Européens s'adonnant à "l'élevage d'associés agricoles", transformèrent peu à peu pareilles réclamations en "une véritable industrie".

Les uns et les autres considéraient le Makhzen, dit Féraud, comme "une vache à lait". Au lendemain des "événements du Mzab" , un protégé anglais, Mohammed ben CAli Rami, accusa ainsi les chefs de troupes de lui avoir raflé: Weisgerber, Au seuil du Maroc moderne, Casablanca, , p. Une première impulsion a été donnée à la constitution de la propriété privée par la convention de Madrid Des indigènes protégés, soustraits de fait à la juridiction des caïds, s'étaient installés à demeure sur des parcelles prises dans les terres collectives de leur fraction et, n'ayant plus à redouter la rapacité de leurs chefs, bâtissaient une maison, plantaient des arbres fruitiers et cultivaient des surfaces de plus en plus étendues dont ils finissaient par devenir propriétaires effectifs par la vivification et l'usurpation'.

Significativement surnommé, "l'homme aux pistolets", il dirigeait une bande de contribules originaires des Temsamane, se livrait au convoyage d'armes de contrebande au profit de diverses maisons israélites de la place -elles aussi couvertes par des protections américaines, brésiliennes et italiennes-, et de temps à autre affrontait 20bis F. Il a semé le trouble dans la région au point que ses employés ont fini par assassiner le sheikh de leur douar et pris la fuite pour se réfugier à Safi Le Juif a envoyé des gens pour les remplacer.

Mise En Ligne De Toute La Collection De Hespéris-Tamuda, (1921-2016)

En chemin, ils ont rencontré des passants, les ont agressé et ont essayé de leur enlever une jeune fille. L'échange de coups de feu qui s'en est suivi a fait un mort et un blessé grave". Perdicaris, American Clairns and the Protection of Natives in Morocco, Londres, , pp , "He is an associate of robbers and receiver of stolen goods".

Le total des réclamations se monte à douros. Le consul exige aussi la révocation du caïd de Casablanca, Larbi Médiouni".

Les atermoiements par lesquels son "protecteur" répondait aux plaintes des caïds demandant son incarcération, les menaces qu'il brandissait pour les dissuader d'y procéder eux-mêmes, et, de manière plus générale, la peur qu'inspirait au Makhzen la brutalité des réactions de la légation d'allemagne à ce qu'elle considérait comme des atteintes au "prestige de son pavillon", accrurent l'audace de ce "protégé" et de ses acolytes. Ceux-ci s'empressaient d'ailleurs de réclamer des indemnités au Makhzen et, lorsqu'il se montrait réticent, menaçaient de faire appel à leurs gouvernements et de provoquer des démonstrations navales.

La criminalité a ainsi augmenté à Tanger La contrebande s'étend malgré les protestations du Makhzen". Mathews" et de la réclamation par celui-ci de francs au Makhzen, "somme d'autant plus exorbitante que la valeur avérée de la Collection ne dépasse pas 3 ou frcs". Devant le refus du Sultan de reconnaître sa responsabilité dans un tel vol et de payer, le Consul-général menaça de provoquer J'envoi d'une escadre. Commentaire d'ordéga: Après llll échange de coups de feu avec les gardiens, les assaillants se sont rendus maîtres des lieux et ont pu s'emparer de tout le bétail du Makhzen Un voleur et un enfant de l'adir ont trouvé la mon au cours de cette,.

Lorsque leurs récidives devenaient trop Oagrantes et que, pour des considérations diplomatiques conjoncturelles, leur protecteur les "lâchait", les éléments qui utilisaient systématiquement leurs immunités à de telles fins, avaient toujours la faculté de se "rabattre" sur ses rivaux ou même de disparaître momentanément du pays avant d'y revenir avec le plus souvent une nationalité étrangère.

Quelques années plus tard, il revint à Larache muni d'un passeport français et reprit ses anciennes habitudes. Agissant en "association" avec un parent, Messod Amoyal, il multiplia les contrats fictifs de culture et d'élevage avec des fellahs du Gharb en quête d'exonérations fiscales et les réclamations les plus fantaisistes pour "pillage de bicns". Cette tentation était d'autant plus forte que le "ryorm" des zaouïa-s, ultime refuge dans lequel ils trouvaient naguère abri lorsque l'étau se refermait autour d'eux ct qu'ils n'avaient plus la possibilité que de se rendre ou de résister jusqu'à la mort, devenait des plus précaires.

Confronté à la multiplication des révoltes, au recours de chefs rebelles à de tels espaces et à "l'intouchabilité" de 26 B. GA, F. Amoyal déclare avoir été attaqué en rase campagne par des brigands Le passage de certains chefs religieux sous protection étrangère i. Comme leur gouverneur tentait de les arrêter sur plainte de la légation de France pour "pillage de bestiaux", sept hommes de la tribu des Andjara, "voleurs de profession" et dont l'un venait à peine de sortir de prison, firent ainsi appel au Chérif d'ouezzane.

Mais comme celui- ci avait été dissuadé par De Monbel de les soustraire à l'action du Makhzen, ils s'adressèrent à Co1açao et purent b. D'ailleurs, même quand ils étaient pris et incarcérés, des bandits parvenaient parfois à se faire libérer, en faisant acheter après coup par des proches, les cartes les soustrayant à l'autorité des gouverneurs les ayant fait arrêter.

En témoigne le "tour de force" réalisé par des voleurs ayant commis leurs forfaits dans la région d'oujda: Passés aux aveux, ils furent jetés en prison. Leurs gardiens augmentent leurs revenus en donnant refuge aux gens poursuivis. La zaouïa de Sidi Abdelkader Jilali à Mogador accueille ainsi tous ceux qui le demandent sans distinction de race ou de religion. Cet état de choses étant du domaine religieux, il me paraîtrait difficile d'intelvenir efficacement auprès du Makhzen pour y mettre fin".

Mais la légation du Portugal déclare qu'ils sont sés employés depuis plus de trois mois. Cette affirmation est notoirement fausse. Colaçao, habitué au trafic, ne fait pas d'enquête sur les antécédents de ses protégés Il est nécessaire d'aviser le Cabinet de Lisbonne".

R, El Wathâ'iq, vol. IV, pp. Objet -essentiellement pour des raisons électorales-du fameux ultimatum du président Theodor Roosevelt -"Perdicaris alive or Raïssouni dead! Les égards avec lesquels Raïssouni traita ses otages, sans doute non sans souci de soigner son image de marque d'être perçu au moins comme "un bandit d'honneur", n'étaient manifestement pas étrangers à une telle appréciation. D'autant que, habituellement, lorsque des Européens étaient agressés et délestés de leurs biens et de leurs montures, il était d'''usage'', humiliation délibérée, de les renvoyer tout nus.

Forbes, El Raisuni. The Sultan of the Mountains, Londres, , pp , le personnage dut renoncer à celle protection après la proclamation de Moulay Hafid pour pouvoir recevoir un commandement dans le Nord-Ouest du pays, "Je ne voulais pas déclara-t-il quelques années plus tard, renoncer à la protection des Anglais, mais Moulay Hafïd refusa de me prendre dans son Makhzen tant que je ne l'abandonnais pas Je finis par accepter en échange du poste de gouverneur d'azila et de tribus environnantes , lesquelles se rebellaient souvent du temps de mon prédecesseur et ennemi, Rmigi Je savais pourtant depuis le début que Moulay Hafid était entre les mains des Français".

He is not a bandit nor a murder but a patriot forced into acts of brigandage to save his native and his own people from the yoke of tyranny". Harris, France, Spain and the Rif, Londres, , pp , témoignage de l'auteur sur les "actes de pillage ct d'extorsion" auxquels se livraient Raïssouni et sa bande, sur sa propre captivité dans le repaire de Zinat, et sur la "gratitude" que lui témoignèrent les ravisseurs auxquels il avait rendu quelques services, "they refrained from asking a ransom, and, when it was offered, indignantly refused il.

The Moors have so octen becn accused of want of the sense of gratitude. Thier condu6t on this occasionis a proof that they have a very keen appreciation of this virtue". Ayache, op. Les faits s'étaient produits Conformément à leur propension à saisir la moindre occasion pour, selon l'expression consacrée, "donner une leçon salutaire" à des "indigènes" supposés ne comprendre que "la force", rendre le Makhzen encore plus "maniable", et marquer des points par rapport à leurs rivaux, ils exigeaient alors des "châtiments exemplaires", l'application du principe de la responsabilité collective quand l'identité des coupables demeurait indéterminée , des indemnités, et la révocation du gouverneur de la région où l'incident était survenu.

La presse londonienne, se remettant mal de l'accord de et de l'effacement de la Grande-Bretagne devant la France, ne fut pas la dernière à rappeler au Foreign Office qu'au lieu de "l'accession de Raïssouni aux droits offerts par la citoyenneté britannique", la pendaison à "la branche de l'arbre le plus proche" eût été "en tout autre pays le seul et unique droit que celui-ci eût pu gagner".

Ceux-ci se rendirent bien compte que leur cas n'avait pas fait jouer le vieux réflexe de solidarité des citadins face aux pillards de la campagne Ali Abdul Aziz's men couid not effect the release of his old friend and adviser. Thus Raisuli scored the crowning triumph of his eventual life. He secured a large sum of ready money, and the rights of protection affarded by British citizenship, for acts which would have gained him the sale and exclusive right ta the branch of the nearest tree in any other country".

Nonobstant l'empressement effectif de Menebhi et Raïssouni à reconnaître Moulay Hafid -proclamé en en principe pour "chasser les Français d'oujda et de la Chaouïa"- et les efforts conjoints qu'ils déployèrent pour faciliter sa bay ca dans le Fahs et à Tanger, il n'en demeure pas moins que l'octroi par la Grande-Bretagne du statut de "protégé politique" à un personnage réputé "brigand", après qu'elle l'eut accordé à un vizir, avait quelque chose de "surréaliste".

Et ce, dans la mesure où il ne perçut pas la protection accordée à Menebhi près de cinq ans plus tôt comme un acte strictement politique, mais aussi comme la "couverture" déliberée d'un ancien vizir ayant volé l'etat.

Protestant contre l'impunité assuré à son ex-favori et réclamant la restitution des fonds, terres et immeubles Makhzen détournés ou accaparés, le Sultan avait du reste expressément insisté auprès du Foreign Office sur la condition initiale de "simple berger" de son ancien vizir et dénoncé son enrichissement abusif à la faveur de ses fonctions.

L'introduction dans la convention de déjà d'une disposition déclarant illégal l'octroi du statut de protégé aux agents du Makhzen était en tant que telle significative de la volonté de Moulay Hassan de neutraliser la tendance de certains sheikhs, caïds et oumanas à prendre les devants et à acheter une carte de censal ou de mokhalet pour pouvoir conserver les parts de rentrées d'impôts, d'amendes, ou de recouvrements de créances de particuliers étrangers, protégés qu'ils détournaient pour leur compte personnel.

Nicolson au Foreign Office au sujet des conditions d'octroi de la protection britannique à Menebhi et du rôle que Mac Lean tint dans cette opération. Benslimane ministre des Affaires étrangères à Lord Landsdowne, accusant son ancien collègue, au nom du Sultan, d'avoir mis la main sur l'essentiel des biens Makhzen accaparés par le Grand-Vizir Ba Ahmed d. A Casablanca, il a changé de nom, circonvenu un marchand français et obtenu une carte de mokhalet.

De retour dans la tribu où il était cheikh, il s'est mis à. L'extension du pillage et des extorsions qui s'ensuivirent précipitèrent la déliquescence de l'etat. Et il est significatif à cet égard qu'au lendemain de leur disgrâce sous la pression des tribus -y compris Guich- qu'ils avaient mises "en coupe réglée", divers vizirs de Moulay Hafid se soient prévalus de la protection française.

Ayant pu soustraire au séquestre les sommes considérables dont leurs victimes réclamaient le remboursement, il était somme toute "normal" qu'ils se transformassent après en auxiliaires empressés de ce qui fut appelé la "pacification,,? De par les iniquités et les destructurations qu'elle véhicula, elle fut, ainsi que le pronostiqua J. Hay dès , l'un des facteurs essentiels de propagation de l'anarchie. Ce ne fut pas non plus par hasard que, De Monbel parla du "caractère odieux de brigandage de la protection".

Son but en poussant les gens à s'endetter était de les spolier et d'accaparer leurs terres". White au Foreign Office, "The French are extending their protection, official or officious, on a wholesale scale to Makhzen officiais of ail categories, from vizirs and governors downwards",.

Tamuda, Vol. Les sociétés anti-esclavagistes s'en constituent les porte-parole. Les Etats déploient des efforts en vue de l'éradication de la traite et font pression sur leurs homologues non européens afin qu'ils mettent fin à cc trafic.

Ce mouvement ne manque pas d'affecter les pays musulmans où d'appréciables initiatives virent le JOUr. Les débuts de l'offensive britannique contre l'esclavage en Méditerrannée. Jusqu'en , la politique officielle anglaise était trés reservée sur la traite des esclaves à travers le Sahara et la Méditerrannée. Avec la constitution? Un des envoyés de l'a. James Richardson, fut dépêché Abréviations et sigles utilisés: En Tunisie l'appel reçut une réponse positive.

Le Bey de Tunisie qui comptait sur les Anglais pour détourner les ambitions coloniales de la France et stopper les initiatives des Turcs qui voulaient rétablir leur contrôle politique sur la Régence, commença par interdire l'exportation d'esclaves en , puis en interdit la vente sur tous les marchés en En avril , l'importation d'esclaves est prohibée et tout esclave qui met le pied en Tunisie est déclaré libre.

Cinq mois plus tard, les enfants à naître d'esclaves sont déclarés libres, mais l'abolition définitive n'intervient que le 26 janvier L'Etat ottoman pour sa part promulgua des ordonnances au cours des années contre le trafic des esclaves blancs de Géorgie et du Caucase, et en contre le trafic des Noirs sur le territoire de l'empire, exception faite du Hijaz ou une forte opposition décréta l'abolition anti-islamique 2 Au Maroc, les choses évoluèrent différemment.

La première intervention de l'a. Mackenzie, en James Richardson a été chargé, à cette date, de remettre une lettre à ce sujet au Sultan Moulay Abderrahman, mais le gouverneur d'essaouira n'accepta pas de transmettre le message au Sultan 3.

En fait, dèjà en , le Sultan avait opposé une fin de non -recevoir aux émissaires anglais qui dès leur arrivée à Tanger ont tenté de lui faire parvenir des messages ainsi que le montre la lettre suivante: Ils sont porteurs de messages de la part des sociétés anglaises et françaises, et demandent à nous rencontrer afin que nous nous engagions envers leurs nations à ne plus vendre ou acheter des esclaves. La Régence de Tunis de à Tunis, , pp Dans les faits, le décret de ne parvient pas à effacer radicalement l'esclavage.

En , une close considérant l'esclavage illégal fut incluse dans le traité anglo-tunisien. De nouvelles mesures coercitives furent édictées avec la colonisation française. Gordon Murray: Paris, , pp 2 Gordon Murray; op.

Il ne faut pas leur laisser parcourir flotre pays fortuné. De plus, leurs tyrans n'ont pas à se mêler de cette question pour laquelle ils sont venus. Cela provient de leur curiosité indiscrète.

Si tu feux nous débarrasser d'eux afin que leurs lettres ne parviennent pas, fais-le-salut ". Les appels de l'a.

Si le consul général de Grande-Bretagne s'était ouvert au Sultan au sujet de l'abolition, le refus catégorique de ce dernier de discuter d'une question relevant du religieux laissa l'affaire sans suites 5. Il faut attendre les années Quatre-vingts pour assister à une action soutenue de la diplomatie anglaise visant à convaincre les autorités marocaines des bienfaits de l'abolition. Une réforme méconnue du Sultan Mohamed b. Entre temps, et malgré l'absence de campagnes diplomatiques, le Sultan Mohamed babderrahman entreprit une réforme touchant à l'esclavage, qui est restée ignorée mais sans être totalement dénuée d'intérêt.

Il décida en que tout. Le Makhzen prenait en mam le fuyard pour l'intégrer dans l'armée, et consentait à en dédommager le propriétaire en lui payant son prix.

Cette pratique ne fut pas aisée à introduire dans les moeurs, à preuve les hésitations répétées des agents d'autorité à cc sujet 7. L'application d'ailleurs en fut graduelle. On se limita, au départ, aux esclaves appartenant aux caïds et aux chyoukhs, qui, réfugiés au Palais, ne devaient en aucun cas être rendus à leurs maîtres 8.

Britain, the Sudan and the Western Sahara, p. Hay, entre son père et le Sultan Moulay Abderrahman; L.

AE Brook: A Memoir of sir John Drummond Hay. Britain and the Ending of the Slave Trade, London, , p 62 note M Moussa b. Elle continua d'être appliquée sous le règne suivant et souffrit rarement des exceptions Elle n'aboutit pas cependant à une remise en cause de l'esclavage, car les marchés continuaient d'être approvisionnés normalement; on ne toucha pas en effet au commerce.

Il faut attendre l'avènement de Moulay El Hassan et l'insistance de plus en plus grande des gouvernements européens pour voir s'ébaucher des mesures très timides à ce propos. Mackenzie ou la philantropie au service du commerce. Concernant la campagne anglaise, relevons avant même l'intervention officielle, celle qu'entreprit à titre privé un commerçant D.

Mackenzie dont l'objectif était de fonder une station commerciale à Tarfaya Dans le cadre de l'exécution de son projet, il notifia au Foreign Office qu'il n'avait pas pour but uniquement le commerce, mais qu'en plus, il visait l'abolition de l'esclavage dans la région et l'arrêt du trafic entre le Sudan et le Maroc Il adresse à cet effet un rapport aux autorités anglaises contenant quelques données ct impressions sur l'esclavage: They seemed surpised at this announcement and stated that the spaniards of Grand Canary bought slaves ofthem foi servants.

This appears to have been done, not al Cape Juby, but fwther south The number they export annual! Suda; Ajwiba Ms B. Mackenzie et ses associés J'ont baptisé: The Northwest African Cümpany, correspondance impressionante sur la question au Public Record Office à Londres et dans la bibliothèque générale de Tétouan.

It appears that this trade is forced upon them, as the Moorish rnerchants demand slaves aspartpaymentofwhatever manufacturedgoods they sell them. Avant même de s'installer au sud marocain, Mackenzie avait rédigé un traité à signer avec ceux qu'il appelait les "chiefs of Western Sahara" Il avait pris soin d'insérer dans ce traité un article art.

The chiefs of Western Sahara engage that ail public markets in their dominions for slaves shall be entirely closed. Mais dans le texte définitif du traité qu'il est parvenu à signa le 19 avril , l'article 8 en question a disparu London, January 25, 16 La famille Bayruk considérée avec les chérifs du Tazerwalt comme indépendante du Sultan du Maroc.

MI Pascon. P; le Makhzen et le Sous al-aqsa; Editions en. Les tribus du sud marocain ne pouvaient pas encore à cette date se passer d'un commerce si lucratif. Mackenzie, London June 4, Cet épisode, même localisé, est révélateur le, contradictions dont souffrait la politique anglaise au Maroc, car elle dev;,'l ménager les sultans en vue de sauvegarder ses intérêts commerciaux 'i stratégiques.

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